Si ton médecin t'a parlé de l'indice de Lequesne, ou que tu l'as croisé en cherchant à comprendre tes douleurs de hanche, ce nom un peu savant mérite quelques explications. L'indice de Lequesne est un questionnaire que les médecins utilisent pour évaluer la sévérité d'une arthrose de la hanche, en mesurant la douleur et la gêne dans la vie quotidienne. Ce n'est pas un examen, juste un outil d'évaluation, mais il aide à orienter la prise en charge. Quand j'accompagnais des patients arthrosiques, je voyais combien il est utile de mettre des mots et des repères sur une douleur. Je vais t'expliquer simplement ce que cet indice mesure, comment on l'interprète, et pourquoi seul ton médecin peut en tirer des conclusions.
Qu'est-ce que l'indice de Lequesne ?
L'indice de Lequesne porte le nom du rhumatologue français qui l'a mis au point. C'est ce qu'on appelle un score algo-fonctionnel : « algo » pour la douleur, « fonctionnel » pour la capacité à fonctionner au quotidien. Concrètement, c'est une série de questions auxquelles le patient répond, et chaque réponse rapporte un certain nombre de points. Le total obtenu donne une indication chiffrée de la gêne.
Cet outil sert surtout à évaluer l'arthrose de la hanche, qu'on appelle aussi coxarthrose. L'arthrose est une usure progressive du cartilage, ce coussin qui protège les extrémités des os dans l'articulation. Quand il se dégrade, l'articulation devient douloureuse et raide. Le même indice existe aussi pour l'arthrose du genou (la gonarthrose).

Que mesure l'indice de Lequesne ?
L'indice explore plusieurs dimensions de la gêne provoquée par l'arthrose. Il s'intéresse à des situations très concrètes de la vie de tous les jours.
Quels aspects de la vie quotidienne sont évalués ?
Le questionnaire passe en revue plusieurs points, qui parleront à toute personne souffrant de la hanche :
- La douleur nocturne, qui perturbe le sommeil et finit par fatiguer
- Le dérouillage matinal, cette raideur au réveil qui oblige à « se mettre en route » avant de pouvoir bouger normalement
- La gêne à la marche, mesurée notamment par la distance que tu peux parcourir sans douleur
- La difficulté à rester assis longtemps
- Les gestes du quotidien : monter les escaliers, enfiler ses chaussettes, se baisser, entretenir sa maison
Tu vois la logique : plus ces situations deviennent difficiles, plus le score monte, et plus la gêne est considérée comme importante. C'est une façon de transformer un ressenti, souvent difficile à exprimer, en une donnée que le médecin peut suivre dans le temps.
Comment interpréter le score de Lequesne ?
Le score total permet de situer le niveau de handicap. À titre indicatif, on distingue généralement plusieurs niveaux : un score bas correspond à une gêne légère, un score intermédiaire à une gêne modérée, et un score élevé à un handicap important qui retentit nettement sur la qualité de vie et l'autonomie.
Mais attention, et c'est essentiel : ces seuils sont des repères, pas des verdicts automatiques. On lit parfois qu'un score élevé « impose » telle ou telle solution, comme la pose d'une prothèse de hanche. C'est une simplification trompeuse. L'indice de Lequesne est un outil parmi d'autres. La décision thérapeutique, elle, revient toujours au médecin, et elle tient compte de bien d'autres éléments : les radiographies, ton âge, ton état général, ton ressenti, tes attentes. Ne tire donc jamais de conclusion seul à partir d'un score, surtout obtenu via un test en ligne. Fais-le toujours interpréter par un professionnel.
Quels sont les symptômes de l'arthrose de la hanche ?
Pour resituer, l'arthrose de la hanche se manifeste typiquement par une douleur progressive, souvent localisée au pli de l'aine, mais qui peut irradier vers la fesse, la cuisse, voire le genou. S'y ajoutent une raideur articulaire, le fameux dérouillage matinal, et des difficultés croissantes pour les gestes du quotidien. Plusieurs facteurs favorisent son apparition : l'âge, le surpoids qui surcharge l'articulation, une malformation de la hanche présente parfois depuis l'enfance (la dysplasie), ou des contraintes mécaniques répétées. Si tu reconnais ces signes, surtout s'ils s'installent et s'aggravent, c'est le moment d'en parler à un médecin.

Qui consulter pour une arthrose de la hanche ?
Le bon point de départ, c'est ton médecin traitant. Il fait le premier bilan, peut prescrire une radiographie et utiliser un outil comme l'indice de Lequesne. Selon la situation, il peut t'orienter vers un rhumatologue, le spécialiste des articulations, ou vers un chirurgien orthopédiste si une intervention est envisagée. Le kinésithérapeute joue aussi un rôle clé pour renforcer les muscles autour de la hanche et préserver ta mobilité.
En attendant, quelques gestes simples soulagent au quotidien : bouger régulièrement sans forcer, fractionner les efforts, utiliser la chaleur (bouillotte, douche chaude) pour détendre les tensions, adapter son domicile si besoin. Pour ce qui est des anti-inflammatoires ou des antalgiques, ne les prends jamais en automédication prolongée : demande toujours l'avis de ton médecin, qui ajustera le traitement et vérifiera qu'il te convient.
L'essentiel à retenir
L'indice de Lequesne est un questionnaire qui aide les médecins à évaluer la sévérité d'une arthrose de la hanche, en mesurant la douleur et la gêne dans les gestes du quotidien. C'est un repère utile pour suivre l'évolution et orienter la prise en charge, mais ce n'est jamais à lui seul ce qui décide d'un traitement : cette décision revient au médecin, qui croise le score avec les radiographies et ta situation globale. Si tu souffres de la hanche, surtout au pli de l'aine, et que la gêne s'installe, parles-en à ton médecin traitant. Lui, ton rhumatologue et ton kinésithérapeute sont les bons interlocuteurs pour t'accompagner et préserver ton autonomie.


