Les maladies de la hanche touchent une part importante de la population, bien au-delà des cas qui aboutissent à la pose d'une prothèse. Certaines s'installent progressivement et passent longtemps inaperçues, jusqu'à limiter la marche ou réveiller la nuit. Voici les pathologies les plus fréquentes, leurs signes d'alerte et les traitements qui leur sont associés.
Quand une douleur de hanche doit-elle inquiéter ?
Une douleur de hanche justifie une consultation rapide si elle persiste au-delà de quelques semaines, si elle s'accompagne de fièvre, si elle empêche l'appui sur la jambe ou si elle réveille la nuit. Chez l'enfant comme chez l'adulte, une boiterie qui apparaît sans explication doit également être examinée par un médecin sans attendre.
Une douleur modérée, apparue progressivement à l'effort et calmée par le repos, oriente plutôt vers une pathologie dégénérative comme la coxarthrose. Une douleur brutale après un choc ou une chute évoque au contraire un problème traumatique, qui relève d'une prise en charge en urgence.
Quelle est la maladie de la hanche la plus fréquente ?
La coxarthrose, ou arthrose de la hanche, est la pathologie la plus répandue de cette articulation. Selon l'Assurance Maladie, elle concerne environ 10 % des personnes de 65 à 75 ans en France, ce qui en fait la première cause de douleur chronique de hanche après 60 ans.
D'autres pathologies sont plus rares mais touchent des populations différentes : la boiterie sans cause dégénérative concerne surtout l'enfant et l'adolescent, tandis que l'ostéonécrose non traumatique de la tête fémorale, d'après MSD Manuals, apparaît le plus souvent entre 30 et 50 ans.
La boiterie de la hanche : un symptôme qui appelle un diagnostic
La boiterie de la hanche se traduit par une instabilité du pas et une difficulté à marcher normalement. Elle peut avoir une origine mécanique simple, comme une inégalité de longueur des membres inférieurs ou une insuffisance musculaire, mais elle peut aussi révéler une pathologie plus spécifique : atteinte neurologique, maladie traumatique, infection ou trouble de croissance chez l'enfant.
Non prise en charge, une boiterie durable réduit le périmètre de marche et finit par retentir sur l'autonomie et la qualité de vie. La rééducation vise alors trois objectifs complémentaires : stabiliser le bassin, préserver la mobilité de la hanche et limiter la douleur qui entretient souvent le trouble.
L'arthrose de la hanche (coxarthrose)
La coxarthrose correspond à une usure progressive puis à une destruction du cartilage de l'articulation coxo-fémorale, entre le fémur et le bassin. Elle se manifeste d'abord par une douleur à l'aine qui irradie vers la cuisse, puis par une raideur matinale et une limitation croissante des mouvements.
Deux tiers des coxarthroses surviennent sans cause identifiée après 60 ans ; le tiers restant est dit secondaire, lié à une malformation de hanche ou une maladie sous-jacente apparue plus tôt. Aucun traitement ne permet aujourd'hui de réparer le cartilage détruit : la prise en charge repose sur les antalgiques, la rééducation et l'adaptation de l'activité physique, la pose d'une prothèse restant l'option de référence en cas de gêne sévère.
L'ostéonécrose (nécrose) de la tête fémorale
L'ostéonécrose survient lorsque l'irrigation sanguine de la tête du fémur est interrompue : privées d'apport sanguin, les cellules osseuses meurent progressivement, ce qui fragilise puis déforme la tête fémorale. Les causes les plus fréquentes sont traumatiques (fracture du col du fémur, luxation de hanche), mais une corticothérapie prolongée ou certaines maladies favorisent aussi cette atteinte.
Le diagnostic est parfois retardé car la radiographie reste souvent normale au stade précoce ; l'IRM permet de repérer la nécrose plus tôt. Le traitement dépend du stade : une décompression de la tête fémorale peut être proposée avant l'effondrement osseux, tandis qu'une prothèse devient nécessaire lorsque l'articulation est détruite. Sans traitement, l'ostéonécrose évolue le plus souvent vers une arthrose secondaire de la hanche.
Autres pathologies fréquentes de la hanche
D'autres atteintes touchent régulièrement cette articulation. Le conflit fémoro-acétabulaire résulte d'un contact anormal entre le col du fémur et le cotyle, souvent chez le sportif jeune pratiquant des mouvements répétés d'arrêt et de reprise. La fracture du col du fémur, elle, survient surtout après une chute chez la personne âgée et impose une prise en charge chirurgicale rapide pour limiter le risque de complications.
Comparer les principales maladies de la hanche
| Pathologie | Cause principale | Symptôme clé | Quand consulter |
|---|---|---|---|
| Coxarthrose | Usure du cartilage, souvent après 60 ans | Douleur à l'aine, raideur matinale | Dès que la gêne persiste plusieurs semaines |
| Ostéonécrose de la tête fémorale | Interruption de la vascularisation osseuse | Douleur à l'aine parfois d'apparition brutale | Rapidement, pour limiter l'évolution vers l'arthrose |
| Conflit fémoro-acétabulaire | Contact anormal entre fémur et cotyle | Douleur à l'effort chez le sportif jeune | Si la douleur limite la pratique sportive |
| Fracture du col du fémur | Chute, le plus souvent chez la personne âgée | Douleur brutale, impossibilité de marcher | Consultation en urgence immédiate |
FAQ
Une boiterie chez l'adulte est-elle toujours le signe d'une pathologie grave ?
Non. Elle peut résulter d'une simple insuffisance musculaire ou d'une inégalité de longueur des jambes. Mais comme elle peut aussi révéler une pathologie plus sérieuse, un avis médical reste nécessaire dès qu'elle s'installe.
Peut-on prévenir l'arthrose de la hanche ?
On ne peut pas empêcher totalement son apparition, surtout lorsqu'elle est liée à l'âge. En revanche, éviter le port répété de charges lourdes et corriger tôt une anomalie de hanche réduisent le risque de forme secondaire.
Faut-il opérer systématiquement une ostéonécrose de la hanche ?
Non. À un stade précoce, un traitement conservateur ou une décompression de la tête fémorale peut suffire. La chirurgie de remplacement de l'articulation n'est généralement envisagée qu'après l'effondrement de la tête fémorale.


